vendredi 26 février 2010

LES DERNIERES NOUVELLES - DEPUIS VARANASI (Bénarès)

BONJOUR A TOUS
Voici enfin toutes les dernières nouvelles depuis ma dernière connexion.
Pour résumer tout va bien.

JE VAIS PLACER UN EXTRAIT DU BLOG D'ERIC A LA FIN DE CET ARTICLE
QUI EST LA COPIE QUASI CONFORME DE CE QU'IL A ECRIS.
ET EVIDEMMENT RESSEMBLANT A CE QUE J'AI DECRIS AUSSI.
J'AIME BEAUCOUP LA FACON DONT IL ECRIT,
CELA VOUS DONNERA DEUX SONS DE CLOCHES
(non, les cloches c'est pas nous... ! ;-))
Sinon ses infos sont sur ce lien là, sur facebook, et pour le coup pour tout le monde, meme ceux pas inscrits sur facebook.
http://www.facebook.com/profile.php?ref=profile&id=821049319#!/notes/pondi-cheri/nouvelles-aventures-indiennes/315112314469


JEUDI 18 FEVRIER
Train Old Delhi 22h20 - Haridwar 6h00


VENDREDI 19 FEVRIER
Nous arrivons en train vers 8h, deux heures de retard, c'est pas trop mal pour un train indien.
On trouve un hotel pas cher juste à coté de la gare ferroviaire, non loin d'un rond point où trône une
Lakshmi en forme de fontaine, pas kitsch du tout ça non pu...
On pose nos sacs et éric m'emmène direct voir le Gange pour ma première fois. Waow !
Quelle ambiance, quelle atmosphère, encore une fois comment vous décrire cela si ce n'est que d'écrire
ces quelques notes pour avoir un point d'appui et vous raconter ça en vrai autour d'un apéro.
bon, l'apéro c'est pas ce qui me manque, ici l'alcool n'est pas de mise, il n'y a RIEN sinon c'est infect.
Une bière peut etre d'ici une semaine, voilà mon régime. Ca fait pas de mal cela dit.
Haridwar et sa kumbh mela, voir lien tout au dessus du blog
ville hallucinante, sacrée au possible, certes, mais désorientante pour un occidental,
tant par sa population de sadhus (moines et acètes qui ont fait voeu de nudité pour certains) si si !
que par les chants, les couleurs et les odeurs, mais ça c'est normal, on est bien en inde !
un immense campement de sadhus et de naga sadhus (à ne pas confondre avec les gagas, quoique très proche...)
où l'on peut venir fumer (la pipe bien sur) sous une tente avec un joli sadhu tout éveillé de krishna
et autres vishnu et divinités. très space tout ça quand meme !
on se promène dans toute la ville pour prendre la température, et échangeons des regards toute la journée
avec des indiens tout étonnés de voir des occidentaux. on se sent regardés mais pas du tout agressés.
les sempiternelles questions sont toujours de mises : quel est votre pays, combien de temps vous etes en inde, aimez vous l'inde, etes vous mariés, des enfants, etc... la religion et la famille ici, c'est plus que dans les gênes.



SAMEDI 20 FEVRIER
Je pars ce matin à une heure en bus d'haridwar à rishikesh, capitale mondiale du yoga, des babas cools
occidentaux en quête de moi profond, et où les 4 beatles ont écrit en 1968 (l'année la meilleure) pas mal de
morceaux du white album. Arrivée en rickshaw comme d'hab, avec trois indiens étudiants sympa,
avec qui l'on échange sur le mariage et la religion, comme il se doit en inde du reste.
l'arrivée au bord du gange (un peu plus au nord qu'haridwar) est splendide.
Le gange descend direct des montagnes de l'Himalaya, et est donc beaucoup plus clair et limpide,
et... un tout petit peu plus froid ! non cette fois ci je ne mets pas mes pieds dans l'eau.
Dans quelques jours ce sera Varanasi (ex Bénarès) et là, le Gange ayant traversé une bonne partie de l'état du
Uttar Pradesh, aura pris quelques détritus au passage... je vous raconterai
je passe la journée à Rishikesh, et vraiment, j'adore. j'évite le tas de babas cools pas si nombreux
pour l'instant à cette saison apparemment, je discute avec les chiens et surtout les vaches sacrées avec leurs
rhanana (tika) entre les deux yeux. oui, elles aussi ont droit à croire à krishna quand meme n'enfin !
toute né belle né fromagères... mais né voulaient pas porter né sari car n'avait pas né trous pour né cornes !
bref, revenons à nos moutons... je me plais beaucoup au bord de l'eau, à bouffer comme une vache des momos
(sortes de raviolis vapeurs chinois, mais pour le coup ils sont népalais, farcis aux légumes car ici c'est veg,
végétarien). je m'y fais bien, et mon bidon n'aura qu'à diminuer... cela dit, y'a encore du boulot, surtout après
un cheese naan, qu'on appelle ici chapati, paneer chapati, puis un coca, puis une lasagne, afin d'alterner
la digestion... ;-)
on n'a pas des vies faciles !
ballade jusqu'au deuxième pont suspendu et arrivée vers le rasta café (ah, ça porte bien son nom !)
où je me prends un chai avant de penser à repartir en rickshaw, car ce soir train depuis Haridwar
je ne vais pas voir les cascades à 20 minutes d'ici, depuis le rasta café et son fuse, et sa plage,
car je sais pertinemment que je reviendrai ici pour aller de villages en villages afin de monter sur le nord
jusqu'au népal et tibet pour trekking... C'est quand meme LA chose qui me fait le plus kiffer,
voir de moins en moins de monde et etre avec des familles pour dormir, monter dans les montagnes,
prendre un guide, faire un trek d'une semaine ou plus, etc... m'acclimater et vivre cette région qui me fait
vraiment rêver, bien plus que le taj mahal et autres monuments incontournables.
ici en inde, c'est l'ambiance des rues, ce qui règne dans l'air qui me plait le plus.
Retour à Haridwar avec un rickshaw direct partagé avec asha, sa famille et deux ou trois indiens. joli échange avec coordonnées etc... 
quelques singes devant l'hotel mettent le bazar en s'accrochant à des tentures histoire de faire un peu plus de trous afin d'énerver les tenanciers d'échoppes diverses... on se marre bien.
Train Haridwar 20h35 - Moradabad 00h00

DIMANCHE 21 FEVRIER
La nuit la plus horrible que j'ai pu passer en inde, c'est là, à Moradabad.
Un vrai bonheur : un hôtel des plus miteux qu'on trouve en premier, un lit crade dans un box, à 200 roupies
on abandonne, puis non loin de là un dortoir à 200 aussi mais plus propre... tout est relatif bien entendu.
une fois installé, on nous dit 200 oui mais par personne ! non non on réitère c'est 200 pour deux s'il vous plait !?!
éric à décidé depuis quelques jours et moi aussi de l'aider à écrire un livre qui pourrait servir aux voyageurs :
"Les 1001 façons d'entuber un touriste occidental en inde". Là, c'est du sérieux !
ensuite les moustiques virevoltent et piquent à tout va, la télé s'allume en pleine nuit avec Mickey en indien qui braille à tout va. Eric demande en pleine nuit juste trois fois 'could you turn this fuckin' tv off !!!!' LOL
les boules quiès ne servent à rien puisque la chambre donne sur la rue principale devant la gare.
Donc klaxxons bien énervés TOUTE LA NUIT ! et en boucle, pour doubler on ne sait jamais, autant klaxxonner tout du long de l'avenue... Le respect en inde oui pour beaucoup de choses, mais pas pour le sommeil, d'autres expériences épiques vont nous le confirmer.
Train Moradabad 20h Arrivée New Delhi 23h
voyage dans les compartiments à bagages tout en haut, le cul sur les planches à discuter avec un étudiant bien sympathique pendant qu'éric s'assoupit à moitié sur son voisin...
on arrive à l'hôtel du népalais à delhi, on refait les sacs, les choses qu'on laisse pour quelques temps, puis on se couche.

LUNDI 22 FEVRIER
Train New Delhi 6h15 - Agra 8h17
Le réveil n'a pas sonné à 5h, vu que par erreur je l'avais mis à 7h... ;-)))... Et Eric n'avait pas mis le sien...
Heureusement notre népalais de service nous réveille via le téléphone de la chambre (il marche si si !)
à 5h50 pour le train à 6h15 ! une petite course bien imposée et on saute dans le train bien énervés du matin !!!
on se repose mais on se détend bien ensuite car là, pour le coup, c'est un shatabji, un tgv indien, qui nous emmène en deux heures et à l'heure! à agra. petit dej comme dans un avion, bouteille d'eau, journaux, bref le confort un tant soit peu occidental qui nous fait du bien.
L'arrivée à Agra se fait sans encombres et direction le Taj Ganj, quartier de la porte Ouest du Taj Mahal tant convoité par les touristes. Comme ça on sera juste à coté. Oh surprise, éric négocie une chambre à côté du roof top (terrasse sur le toit) et vue sur le taj mahal !!!!
Je profite de cette journée entière pour partir à 1h d'ici en bus à Fatehpur Sikri, ville fantôme moghole abandonnée il y a bien longtemps, quelques siècles, tout simplement parce que l'eau n'y arrivait plus. L'endroit est ma foi Ma Gni Fi Que ! en pleine campagne en haut d'une crête, faites sur google ce nom-là et vous verrez.
Je rentre tranquillement avec une famille indienne dans un bus indien des plus typiques avec trou dans le plancher, de façon à voir si les cardans fonctionnent bien au dessus de la route ! ;-)
Je retrouve éric qui s'est reposé sur agra tranquillement.




MARDI 23 FEVRIER
Train Agra Fort 21h20 - Varanasi 8h35
Visite du Taj Mahal et de différents sites alentours afin de tout voir en une journée.
Journée assez fatiguante nerveusement car je trouve tout de meme le moyen de me faire voler mon petit appareil
photo dans une de mes poches. Bien heureusement j'avais vidé TOUTES les photos de l'appareil dans le pc ce matin là. Comme quoi, quand c'est écrit, on peut prier Krishna ! ou Ganesha, cela dit les éléphants ne sont pas encore tout rose !
J'embauche un rickshaw pour m'acheter un autre petit sony (au diable les varices) et je fais donc les autres monuments entre 12h et 20h pour prendre le train avec eric.
Le Taj Mahal est un exemple frappant d'architecture pure et merveilleuse. De tous les angles de vue, depuis le 16e siècle, cet ensemble est entourée de mosquées, d'où l'on peut admirer via un parc la finesse de la dentelle ciselée dans le marbre blanc.


MERCREDI 24 FEVRIER
Je me sens éveillé et lavé de cette histoire de vol d'hier et me sens mieux...
Des femmes sur les banquettes des sleepers me regardent taper mon blog sur mon ordi
c'est amusant, tandis que deux hollandaises prennent leurs notes et leurs carnets de voyage
sur un cahier de brouillon. bon, chacun son confort et chacun son trip.
Eric dort toujours sur la banquette tout en haut, il faut dire que la nuit a été sympa
Une famille entière est montée entre agra et varanasi et a parlé fort toute la nuit sans arrêt
bien qu'on leur ai signalé quinze mille fois qu'on aurait bien voulu dormir... ah ces indiens ! ...
le lendemain matin on n'y pense plus mais ça énerve ! zen en inde ? faut bosser là dessus, on en recause
plus tard ok ?
Varanasi a l'air d'une grande ville étendue, mais avec le gange et le coté sacré ça devrait me plaire
...
Installation dans un hotel tout simple et très sympa, et visite de varanasi dans ses dédales de ruelles
et le bord des différents ghats (quais fournis d'innombrables escaliers) le long du gange.
Visite de deux ateliers d'artisanat avec éric. Un pour des boites en onyx et marbre, Un pour la soie !
waow comme c'est beau, je sens que les cadeaux vont aller bon train...
Arrivée sur le bord du gange et le spectacle du "puja" commence. 
Puja en français signifie prière.
Danses, prières, incantations, cloches, fumées,... nous donnent le tournis.
Quel bonheur d'être ici, quel dépaysement,...
Plus tard, en allant plus loin, nous voyons des crémations. poignant, impressionnant.
Les corps sont enveloppés dans des linceuls et portés sur le bucher pour brûler durant environ 3h.
La famille vient ensuite chercher les cendres.
Nous rentrons ensuite à l'hôtel après avoir tout de même bien dîner, cela ne nous a tout de même pas coupé l'appétit.


JEUDI 25 FEVRIER
Ballade sur les ghats, le long du gange et mitraillage de photos en tous genres.
Je me régale, je n'ai jamais autant pris de photos de ma vie sur un lieu.
Il faut dire que le paradis des photographes, c'est bien ici...
Après avoir vu de nouveau quelques crémations sur le bord du gange,
Rencontre de solange et jacques. Solange est dans le business d'artisanat indien comme éric
Echange d'idées, car elle est implantée depuis 10 ans

VENDREDI 26 FEVRIER
des cadeaux, des soiries, des boites, des brules encens, des pantalons des chemises des gens professionnels et agréables pour le business d'éric, les sadhus dans la rue... j'ai eu le temps de mettre marie chantal et son sac à main en photo avec moi sur mon profil facebook, jetez un coup d'oeil. elle est mignonne, on l'aime déjà !
ça continue cet état de rêve éveillé... je pense que mon retour en france va être émaillé de chocs culturels...
je trouve enfin une connexion internet digne de ce nom et je trouve le temps pour 4 euros d'appeler mes parents 15mns ! le bonheur c'est simple comme un coup de fil tant qu'on y reste pas pendu trop longtemps, ça c'est pour mes amis de chez ft... lol

...A SUIVRE...
tout bientot et surtout désolé d'avoir mis du temps à vous tenir informé de ces quelques nouvelles.
je prendrai le temps de peaufiner tout cela plus tard. Sachez que ce blog sera toujours en ligne meme après mon retour en france. Il sera mon carnet de bord advitam eternam pour tous mes prochains voyages en inde.
je vous embrasse tous très fort, laurent.

juste avant de publier ce blog, sur l'ordi d'a coté à l'hotel se trouve une finlandaise qui tape
elle aussi son blog. génial non ? anne from helsinki



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EXTRAIT DU BLOG D'ERIC
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Après mon retour de Laurent emballé par Rishikesh, nous avons repris le train, en soirée pour Moradabad, petite ville sans intérêt aucun pour le touriste ordinaire (et qui ne figure même pas dans les guides touristiques), mais qui est spécialisée dans l'artisanat de bronze émaillé.  Nos places de train étaient sur une "waiting list", en attente de confirmation, mais heureusement, des wagons ont été rajoutés et nous avons bien des places assises pour les quelques heures du voyage.

A Moradabad, nous passons une des pires nuits depuis le début du séjour : premier "hotel" visité dans la rue face à la gare : un lit vraiment crade dans un box qui ressemble à un placard à balai, pour 200 roupies.  Evidemment hors de question.  Un peu plus loin, une chambre en dortoir, avec une autre personne déjà endormie.  Pas idéal, mais c'est quand même mieux, et puis il est minuit passé, et on a pas envie de passer la nuit à arpenter les rues glauques de Moradabad à la recherche d'une chambre idéale. On s'installe sur les lits, puis le gérant amene les livres pour l'enregistrement et nous demande 200 roupies par personne, ce qui n'était évidemment pas le deal. On le lui rappelle gentiment mais fermement, en se promettant en aparté de commencer à écrire ce fameux bouquin que je rêve d'écrire depuis un bail "Les 1001 manières d'entuber un touriste occidental".  Une fois au lit, je redescend éteindre les lumières de la salle de bains, entre temps un des gérants de l'hotel installe un lit de camp dans la chambre, et prend tout son temps pour s'installer, réallume toutes les lumières de la salle de bain : c'est à croire que les indiens, grands enfants qu'ils sont, ont peur de dormir dans le noir.  Je dois me relever 2 fois pour re-éteindre les lumières, qui moi m'empêchent de dormir.  Puis, au milieu de la nuit, nous sommes réveillés par la télé tonitruante que le gérant a allumé alors que tout le monde dort : là c'est trop fort, et je lui crie d'éteindre cette putain de télé; Il obtempère, mais la rallume 2 fois dés que nous sommes endormis.  Ajoutez à cela les klaxons incessants -- et toute la nuit-- sur l'artere qui passe devant la gare : on a l'impression que les bus et autres véhicules traversent tout le quartier avec leur klaxons bloqués sur "on".  Même avec les bouchons d'oreilles, impossible de dormir.  On se réveille évidemment trés énervés, mais on est bien obligé de faire avec.  La journée se passe à faire le marché de l'artisanat, concentré dans quelques ruelles.  On fait, pour des prix oscillant entre la moitié et le 5me des prix de Delhi, une belle sélection de coupes, coupelles, et autres vases, petites boites, et autres babioles et repartons pour la gare chargés comme des bourricots.  Là, je suis bien content d'avoir mon assistant porteur en la pêrsonne de Laurent, qui a séjourné assez en Afrique pour savoir porter sur la tête des charges lourdes avec toute la grâce requise. ;-)) Dans le train de retour, nous avons des places de 2de classe sans réservation.  Un charmant étudiant rencontré sur le quai nous garde des places qu'il a pu trouver dans le compartiment à bagages, au dessus des sièges.  Il faut dire que la classe "general", est un peu l'équivalent français du wagon à bestiaux, mais avec des bestiaux à tous les étages : 12 personnes sur des banquettes prévues pour 6, des allées occupées autant par les voyageurs que par les bagages, et les racks à bagages également squattés par les voyageurs autant que par les sacs de toutes sortes. Il n'y a guere que SOUS les banquettes qu'on ne trouve aucun voyageur... Et encore, si on cherchait...  Ah oui, et c'est sans compter non plus tous ceux qui voyagent entre la portière et l'extérieur, accrochés au train par deux doigts d'une main.... Bref, dans ces conditions, nous sommes déjà heureux de voyager assis, fut-ce dans le compartiment à bagages.

Le lendemain matin, nous reprenons le train pour Agra, et là, c'est tout l'inverse.  Aprés avoir bien failli le rater (réveil réglé par erreur à 7h au lieu de 5, et réveillés in extremis par le gentil gérant népalais de notre hotel, course à travers les ruelles encore peu animées de Pahar Ganj...), nous sautons donc dans le Shatabji Express pour Agra, l'équivalent indien de nos TGVs, avec thé (ou café) du matin, puis petit-déjeuner inclus. Classe assise, confortable et climatisée, 2 heures seulement, et ponctuel. Une autre vision de l'Inde.  Evidemment, la clientèle n'est pas la même : touristes occidentaux pour moitié, et hommes d'affaires ou classe indienne (trés) aisée pour l'autre.

A Agra, on s'installe dans une petite chambre d'un hotel fréquenté précédemment, dans le quartier du Taj Ganj, à 200 mètres de l'entrée Ouest du Taj Mahal.  Sans rire, pour 300 Roupies à 2, soit 4,5 €, nous devons avoir la chambre d'hotel la plus proche du Taj Mahal, avec une magnifique vue de la terrasse de l'hotel. Bon, evidemment, rien n'étant parfait, nous nous réveillons le lendemain avec 3 cms d'eau dans la chambre, souvenir du gros orage de la nuit.  Un miracle que nos sacs aient été posés au rares endroits que l'eau n'avait pas atteint.

Agra n'est déjà pas ma ville préférée en Inde, connue pour ses innombrables arnaques (et qui pourraient constituer à elle seule, au moins la moitié de mon bouquin en projet "Les 1001 manières....".  Mais là, c'est encore confirmé : pendant que je flane dans des bazars sans intérêts et ayant réussi à fausser la vigilance d'un rickshaw qui comptait bien m'emmener dans le "Mughol Bazar" pour toucher sa commission, Laurent se fait piquer comme un bleu son petit appareil photo, dans une des poches de son pantalon.  Evidemment, c'est rageant, et d'autant plus qu'une "plainte" éventuelle ne serait d'aucun effet. Pour ma part, quelques heures avant de reprendre notre train pour Varanasi, et aprés avoir passé une aprés-midi reposante à lire, nourrir les singes et flaner dans un petit parc qui jouxte les imposantes murailles rouges du Fort d'Agra, je subis une trés pénible aggression : à la tombée du soir, le parc en question devient le lieu d'exercice des Hijras, ces fameux eunuques dont la prostitution est une des activités majeures. Aprés avoir repoussé les avances incessantes et (payantes) de l'un(e) d'entre elles, je la vois revenir quelques minutes plus tard avec un flic, à qui elle avait du présenter sa version des choses.  Je comprends vite que le flic, trés menaçant, cherche à me soutirer du fric ou à récupérer mon petit sac à dos dans lequel j'ai tous mes papiers, argent, etc.... Je réussis à m'enfuir, car une entrée du parc donne sur la rue principale devant la gare du Fort d'Agra (ou Laurent devait me rejoindre pour prendre notre train suivant). Jusque dans la rue, le flic essaie d'arracher mon sac, et de me tabasser pour me déstabiliser : un attroupement s'ensuit, et je demande aux passants d'appeler la Police (la vraie).  Quelques minutes aprés, la vraie police arrive et mon (faux ?) policier disparait comme par enchantement.... On m'emmene au Poste pour faire une déclaration, mais entre le train qui part dans une demi-heure, et la perspective illusoire d'intenter une action dans le systeme judiciaire indien, je renonce.  J'en suis quitte pour une belle peur et un T-shirt ruiné, qu'un auto-rickshaw a récupéré pour faire reluire son véhicule.  Pendant ces 2 jours, assez peu profitables pour moi, Laurent a quand même réussi à voir tout ce qu'il y avait à voir à Agra et à Fatehpur Sikri, à une trentaine de kms de là.  Nous repartons d'Agra avec plaisir, aprés avoir reussi à éviter une partie des arnaques, mais pas toutes...

Dans le train, je réussis à dormir une longue nuit, un peu assommé par les émotions de la soirée précédente, mais à nouveau énervé par une famille, sur la couchette d'en face, qui se croit dans son salon, à faire la conversation à voix haute, puis la dinette, une bonne partie de la nuit, sans se soucier que tous les autres voyageurs essaient de dormir.

L'arrivée à Varanasi (Bénarès) commence fort avec les eternelles négociations de prix avec les rickshaws.  Mais ici, même les "prepaids" rickshaws participent à l'arnaque : en effet, un prix fixe est proposé pour vous emmener en rickshaw à moteur jusqu'à Godaulia, et l'entrée de Dasashwamedh Ghats, autour duquel se trouvent bon nombre d'hotels à routards.  On paie, pour finalement se retrouver bloqués à un kilometre sous pretexte que l'entrée de Godaulia est interdite à la circulation des rickshaws à moteur, ce qui, bien évidemment, n'est pas annoncé à l'avance. Le conseil ici, est de boycotter systématiquement (et d'ailleurs pas seulement à Varanasi, mais partout en Inde, lorsque c'est possible), les rickshaws à moteur, pour leur préferer les rickshaws à vélos, qui, eux, triment vraiment, vous entubent moins, et peuvent aller presque partout.

L'hotel ou je pensais rester, sur les ghats, nous propose une petite "suite" sympathique, constituée d'une chambre simple mais propre et d'un petit "salon" avec balcon sur les ghats, pour la modique somme de 3000 roupies "seulement".  Nous leur rions au nez et partons en quête d'une chambre à un tarif plus raisonnable.  Arrivés à un autre hotel, des rabatteurs, de la porte, nous annoncent que celui-ci est complet et nous emmenent vers un autre de leur choix, où ils pourront toucher leur commission.  Par acquis de conscience, je vais quand même voir à la réception, et bien sûr, une chambre est disponible, pour 400 roupies (6 €), avec une magnifique terrasse de l'hotel sur les ghats...

Varanasi est toujours un plaisir à découvrir et à retrouver.  L'ambiance y est unique, surtout à cette "haute" saison. Les ghats, entièrement libérés par un Gange au plus bas, est le théatre d'une intense activité dès les premières heures du jour, avec les bains matinaux des indiens, et les promenades en barques au lever du soleil pour les touristes. L'activité se calme après les quotidiennes cérémonies de prière à "la Mère Gange" (Ganga Mata), sur les deux ghats principaux. Sur les ghats crématoires seulement, l'activité subsiste toute la nuit.  Le premier soir, nous sommes allés voir des crémations, avec Laurent, assez impressionné par le processus.  Il est vrai que voir cela de ses yeux est toujours émouvant.  Cette fois, nous avons pu assister à tout le processus d'une crémation, depuis l'arrivée du corps porté par les proches, le bain dans le fleuve, la préparation du bucher par les assistants des ghats, la pose du corps enveloppé d'un seul linceul blanc sur le bucher, la mise à feu et lente désintégration du bucher et du corps, puis récupération du bois et des cendres, et nettoyage pour la crémation suivante. Il est evidemment interdit de filmer ou de prendre des photos, mais on en a guere envie, tellement on est déjà (un peu) honteux de ressentir un brin de voyeurisme face à ce qui devrait rester une cérémonie discrète et pudique.  Mais les indiens eux-mêmes ne semblent pas outre-mesure émotifs face à cette ultime  cérémonie.  Pour eux, la mort fait partie de la vie, et probablement le corps qui se désintègre sous nos yeux, s'est déjà réincarné dans un autre, à un échelon supérieur du karma (si ce n'est que la mort et la crémation à Bénarés sont censés casser le cycle des réincarnations...).

J'avais ici quelques contacts de business, et comptait en trouver de nouveaux : j'ai retrouvé mon petit vendeur de boites en pierre, qui m'a reconnu tout de suite, et s'est rappellé de ce que je lui avais acheté il y a 9 ou 10 mois.  Il m'a conseillé un ami fabricant de soieries, chez qui j'ai pu trouver de trés belles choses, avec la qualité de la soie, un choix assez large de produits, et surtout une belle finition (ourlets et finitions des trames) qui n'étaient pas toujours au rendez-vous sur les soieries que j'avais acheté ici précédemment.

L'ambiance décontractée et sereine de Bénarès nous a fait oublier nos mésaventures d'Agra, et je profite d'une matinée calme pour mettre à jour ce blog, pendant que Laurent est parti à la découverte de l'enfilade de ghats qui constitue une sorte d'immense amphithéatre bordant la large boucle du Gange.

FIN EXTRAIT BLOG ERIC.

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